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    Maladies cardiovasculaires : une situation alarmante ?

    En Europe, les maladies cardiovasculaires restent la principale cause de décès. Si des mesures d’urgence ne sont pas prises, l’objectif de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en matière de maladies cardiaques ne sera pas atteint d’ici 2025. Telle est la conclusion d’un rapport publié, Mardi 25 Novembre 2020 par la Société européenne de cardiologie (ESC).

    «Cardiovascular Reality 2020» est un recueil des dernières statistiques sur les maladies cardiovasculaires (MCV) en Europe. Le document montre le nombre de personnes souffrant de maladies cardiaques, les taux de mortalité et les niveaux de facteurs de risque, notamment l’obésité, le diabète et l’hypertension artérielle.

    La comparaison des données au fil du temps montre une tendance alarmante, indiquant qu’il est peu probable que les objectifs de l’OMS en matière de maladies non transmissibles (MNT) pour la santé cardiovasculaire mondiale soient atteints.

    Le Dr Hans Henri Kluge, Directeur régional de l’OMS, a déclaré: « Nous ne pouvons pas nous reposer sur nos lauriers. La perturbation des soins de santé pendant la pandémie COVID-19 a mis en évidence l’importance du maintien des services de prévention et de traitement des maladies cardiovasculaires. L’accès aux médicaments et technologies essentiels contre les maladies cardiovasculaires varie considérablement en Europe et des efforts supplémentaires sont nécessaires pour parvenir à une couverture médicale universelle. J’ai hâte de collaborer avec les cardiologues et les responsables politiques européens pour résoudre ces problèmes ».

    Le rapport publié ce mardi montre que dans les pays à revenu élevé, les maladies cardiovasculaires en Europe représentent respectivement 47% et 39% des décès chez les hommes et les femmes.

    L’OMS a appelé à une diminution approximative de 25 % de la mortalité prématurée due aux maladies cardiovasculaires chez les personnes âgées (moins de 70 ans), soit une baisse de 9 % chez les femmes et de 11 % chez les hommes depuis 2010. Mais dans les pays à revenu intermédiaire, les taux n’ont diminué que de 8 % chez les femmes et de 2 % chez les hommes, ce qui rend improbable la réalisation de cet objectif.

    Les principaux facteurs de risque de maladies cardiovasculaires, notamment l’obésité et le diabète, sont de plus en plus courants. Plus d’un adulte européen sur cinq est obèse. L’OMS a appelé à mettre un terme à l’augmentation des cas de diabète et d’obésité (entre 2010 et 2025).

    L’obésité

    Cependant, de 2010 à 2016, le taux d’obésité des femmes est passé de 20,4% à 22,8% et celui des hommes de 19,2% à 22,3%, à moins que ces tendances ne soient inversées, l’objectif ne sera pas atteint.

    Le diabète

    Dans le même temps, la prévalence médiane du diabète est passée de 3,2% en 2010 à 4,2% en 2015, soit une augmentation de 28,5%. Les pays à revenu intermédiaire en souffrent le plus: ici, la prévalence du diabète a augmenté de 37% (contre 12,4% dans les pays à revenu élevé). Ces statistiques rendent impossible la réalisation des objectifs de l’OMS en matière de diabète, en particulier dans les pays à revenu intermédiaire.

    Hypertension artérielle

    L’hypertension artérielle est la première cause mondiale de décès prématuré, représentant près de 10 millions de décès en 2015, dont 4,9 millions sont dus à des maladies cardiaques ischémiques et 3,5 millions à des accidents vasculaires cérébraux.

    L’objectif de l’OMS est de réduire l’hypertension artérielle de 25% entre 2010 et 2025. La prévalence médiane de cette dernière en Europe a diminué de 8,4 % chez les femmes et de 5 % chez les hommes entre 2010 et 2015, ce qui rend peu probable la réalisation de l’objectif, à moins que ces tendances ne changent.

    Malgré l’immense fardeau des maladies cardio-vasculaires, elles ne reçoivent pas l’attention que les décideurs accordent aux autres maladies.

    Par conséquent, l’European Society of Cardiology (ESC) appelle à l’élaboration d’une stratégie nationale couvrant tous les aspects de la santé cardiovasculaire: prévention, détection, traitement et réadaptation – cette action est essentielle pour atteindre les objectifs de l’OMS. « Les améliorations dans le traitement et la gestion des maladies cardiaques et des accidents vasculaires cérébraux sont contrebalancées par une population croissante et vieillissante, ainsi que par l’aggravation des épidémies d’obésité et de diabète de type 2. Nous devons veiller à ce que chacun ait accès à des soins cardiovasculaires conformes aux lignes directrices et, surtout, il faut s’attaquer aux modes de vie malsains, notamment la mauvaise alimentation et le manque d’activité physique. La prévention d’une charge encore plus importante de maladies cardiaques et d’accidents vasculaires cérébraux nécessite un effort majeur de la part d’une large coalition de parties prenantes : rejoignez-nous dans cet effort » a déclaré Stephan Achenbach, professeur et président de la Société européenne de cardiologie (ESC).

    Source:

    European Society of Cardiology (ESC)

    Photo de  StockSnap

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