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    COVID-19 : L’orage cytokinique existe-t-il vraiment ?

    L’emballement du système immunitaire également appelé « orage cytokinique », ne jouerait pas un rôle si important dans les cas sévères de COVID 19, d’après de nouveaux résultats publiés dans le “Journal of the American Medical Association” (JAMA).

    « Nous sommes en effet surpris par les résultats de notre étude » a expliqué le Pr Peter Pickkers (Université Radboud de Nimègue, Pays-Bas) à Medscape Medical News.

    Le Pr Pickkers et ses collègues ont comparé les taux sériques de cytokines chez des patients atteints de COVID-19 en état critique à ceux de patients atteints de septicémie, d’un traumatisme ou après un infarctus.

    « Pour la première fois, nous avons mesuré les cytokines dans différentes maladies en utilisant les mêmes méthodes. Nos résultats montrent de façon convaincante que les concentrations de cytokines circulantes ne sont pas plus élevées, mais en fait plus faibles dans le COVID que dans les autres maladies », a indiqué Peter Pickkers.

    Normalement, les cytokines sont des petites protéines produites par le système immunitaire lors d’une infection ou d’un traumatisme par exemple. Leur rôle est de déclencher l’inflammation et favoriser la guérison.

    De nombreux chercheurs avaient pointé une surproduction des cytokines (orage cytokinique), avec une réponse inflammatoire exagérée, comme origine des cas graves de COVID-19.

    Dans cette nouvelle étude, les chercheurs ont étudié les cas de 46 personnes atteints de COVID-19 sévère  avec un syndrome de détresse respiratoire aigu (SDRA) qui ont été admis en soins intensifs à l’hôpital de l’université Radboud. Tous ces patients ont eu besoin d’une ventilation mécanique.

    Les investigateurs ont mesuré le taux plasmatique de différentes cytokines, dont le TNF, l’IL-6 et l’IL-8. Ils ont comparé les mesures à celles de 51 patients en choc septique avec un SDRA, 15 patients en choc septique mais sans SDRA, 30 personnes avec un infarctus du myocarde et 62 personnes victimes de différents traumatismes.

    Le groupe COVID-19 avait des niveaux de TNF, IL-6 et IL-8 plus bas que les  patients en choc septique avec SDRA.

    De plus, le groupe COVID-19 avait aussi des concentrations d’IL-6 et d’IL-8 significativement plus basses que le groupe avec un choc septique sans SDRA.

    Les chercheurs ont également trouvé des concentrations d’IL-8 plus faibles chez les patients COVID que dans le groupe avec des infarctus du myocarde. Le taux d’IL-8 était le même dans le groupe COVID et le groupe avec traumatisme.

    Sources :

    Journal of the American Medical Association

    Medscape

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